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Marathon de New York : just do it !

Verrazano-bridge

Après un entraînement sérieux, discipliné et intensif depuis le mois d’avril 2014 à raison de 3 sorties par semaine, je me blesse le 2 septembre. Une entorse de la cheville avec 6 semaines d’arrêt soit un arrêt total de mon training jusqu’à la grande course !!!

Je ne vous cache pas ma déception, mon mental en prend un sacré coup et toutes les personnes qui me voient avec ma belle attelle me disent d’abandonner, que je n’y arriverai jamais et de laisser tomber le challenge que je me suis lancée (je rappelle que je n’avais jamais couru de ma vie 5 mois auparavant !). Le doute s’installe mais je persévère dans ma volonté de courir ce marathon …

Nous partons donc en groupe le 29 octobre soit 5 jours avant la grande course. Nous rencontrons des dizaines de coureurs souvent expérimentés qui nous donnent pléthore de conseils judicieux. J’ai  très peur de ne pas avoir la capacité à terminer cette longue course de 42, 195 kilomètres. J’avais auparavant arrêté mon GPS sur 42 kms pour voir ce que cela pouvait représenter en voiture… à ne JAMAIS faire, c’est absurde et totalement perturbant !

Le matin du marathon, le réveil sonne à 4h00 du matin. Je viens de recevoir un mail de la part de l’organisation du marathon précisant qu’il y a une tempête de vent et qu’il fait froid. Les organisateurs nous préviennent qu’ils ont retiré des tentes à cause du vent  et nous conseillent de nous habiller en conséquence. Je prends donc un maillot à manches longues supplémentaire et mets mon coupe-vent. Le petit déjeuner est prévu à 4h30. Tout est prêt ! Il y a des pâtes au petit déjeuner mais je n’ai vraiment pas le courage de manger ça à 4h30 du matin, je prends donc un repas équilibré plus classique. Le car nous emmène pour le départ du marathon à Staten Island. Il y a 1h40 de trajet pendant lequel je ne parle pas du tout. J’ai peur, il fait froid et je doute de tout… Le car arrive enfin et un nombre incalculable de coureurs (nous étions plus de 50 000 runners) arrivent en même temps sur le site. L’organisation est parfaite, tout est bien signalisé. Il y a 10 000 bénévoles pour nous guider, tout va bien. Il est 7h45, le départ de la course est à 10h30. S’en suivent près de 3 heures d’attente dans le froid et le vent. Le lieu ressemble véritablement à un camp de réfugiés où on a froid, on est habillés avec des sacs poubelle ou avec de vieux vêtements dont on va se débarrasser juste au départ ou encore des cartons voire des couvertures de survie très efficaces. Bref, il y règne un mélange d’excitation, de crainte et de froid intense, beaucoup de sportifs tremblent et j’en fait partie !

Il est 10h15 et notre « vague » va partir… Le moment que j’attends depuis des mois, c’est ici et maintenant !!!! On se lève, il y a toujours beaucoup de monde et on rentre dans le long couloir qui nous mène à la ligne de départ. On se déshabille tout en avançant, des montagnes et des montagnes de vêtements s’amoncèlent sur les côtés du couloir et on entend la musique au loin de la ligne de départ. La chanson qui passe est « The eye of the tiger » du groupe SURVIVOR, c’est rassurant ! En l’occurence nous écoutons la version de Katy Perry.

L’émotion monte en apercevant la ligne d’arrivée. Les coureurs crient de bonheur sur la ligne de départ. Les américains sont très expressifs mais toutes les nations sont présentes et c’est très grisant. Les bénévoles nous encouragent, ils sont à fond. Un mélange d’angoisse, de bonheur et d’excitation envahissent ma tête. Il fait vraiment froid et il y a des rafales de vent à 70 km/h qui nous déportent physiquement. On passe la ligne de départ, le tracker posé sur notre dossard démarre notre chrono et on part avec des centaines d’autres coureurs.  C’est parti ! Il s’agit de traverser le pont de Verrazano dans un premier temps. Le vent souffle et nous pousse sur le côté, on a super froid et j’ai vraiment le sentiment d’aller en enfer. Je vois les coureurs que je connais disparaître devant moi, je me sens seule, abandonnée malgré la foule et je cours. Très vite, le vent pousse les nuages et heureusement le soleil apparaît rapidement, je me concentre alors sur ma course. Il y a un monde fou. Des centaines et des centaines de spectateurs nous encouragent tout au long de la course. J’ai la musique dans les oreilles mais je l’enlève rapidement pour prendre les énergies positives des supporters qui me poussent à avancer. Les premiers kilomètres passent vite et ça va. J’ai mon rythme qui est bon, mes muscles sont réchauffés. Ca va bien. Vers 25 kms, je commence à ralentir et la fatigue s’installe. J’ai les jambes lourdes, mon mental est bon et je pense à tout ce qui va bien : bon mental, mon dos est ok, je mange régulièrement (barres énergétiques, quelques « tucs » pour avoir du sel et un gel hyperglucidique. Je bois de l’eau à chaque stand. Tout va bien. A partir de 30 kms, j’ai les jambes qui se contractent sérieusement, mon entraînement trop léger ces dernières semaines et mon inexpérience me poussent à décider de ralentir pour être sûre de terminer les 42 kms. Les côtes aussi me font sacrément ralentir. Là je parcours la  plus loooooongue rue de la planète : First Avenue qui me paraît totalement interminable, je n’avance pas et comme c’est une ligne droite, j’ai limite le sentiment de stagner voire reculer !!!! Néanmoins, ma motivation et mon mental sont au top et je continue lentement mais sûrement. Je termine ENFIN cette First Avenue pour entamer la deuxième plus looooongue rue de la planète : Fifth Avenue. Cette 5ème avenue que j’avais initialement beaucoup appréciée de part la présence de magasins super intéressants. Je suis à fond dans ma course, mon rythme est de moins en moins rapide mais j’apprécie la course, je prends les encouragements constants des spectateurs qui sont au taquet, qui m’encouragent. Je tape dans les mains des supporters  pour prendre leur énergie. Je tape également dans les mains des enfants en pensant fort aux miens dont j’ai écrit les prénoms au marqueur sur mes avant-bras.

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